Sommaire
- 1. La réponse en une phrase
- 2. Anatomie d'une note d'honoraires
- 3. Frais d'entrée et jalon LOI
- 4. Le barème dégressif, pas à pas
- 5. L'assiette, le vrai levier de prix
- 6. Le minimum de commission
- 7. Qui paie le conseil
- 8. Pourquoi c'est cher
- 9. Payer moins, pas moins bien
- 10. Comptabilité, fiscalité, questions
L'essentiel
Les honoraires d'un cabinet M&A se composent presque toujours de trois briques : des frais payés d'avance, un jalon à la lettre d'intention, et une commission de succès calculée selon un barème dégressif. Le taux affiché n'est jamais la bonne unité de comparaison : l'assiette de calcul et le minimum forfaitaire pèsent beaucoup plus lourd. Sur une petite opération, le minimum devient l'intégralité de la note. Et une accroche « zéro frais d'entrée » se récupère le plus souvent dans le taux de succès : seule une simulation en coût total permet de trancher.
1. La réponse en une phrase
La rémunération d'un cabinet M&A est un pourcentage du prix de cession, dégressif par tranches, assorti d'un minimum forfaitaire. Ce cadre est quasi universel en France, du cabinet boutique régional à la banque d'affaires. Ce qui varie, ce n'est pas la mécanique mais trois paramètres : à quoi s'applique le pourcentage, en dessous de quel montant le minimum prend le relais, et ce qui a été facturé avant même qu'un acquéreur ne soit trouvé.
Autrement dit : deux cabinets peuvent afficher le même taux et vous facturer du simple au double. Le dirigeant qui négocie le taux et laisse passer l'assiette négocie la mauvaise variable.
2. Anatomie d'une note d'honoraires, ligne par ligne
Toutes les lignes ci-dessous n'existent pas chez tous les cabinets, et c'est ce qui rend la comparaison difficile. Passez chaque proposition reçue au tamis de ce tableau : ce qui n'y figure pas doit être écrit dans le mandat.
| Ligne | Qui la supporte | Quand elle est due |
|---|---|---|
| Premier rendez-vous et avis de valeur | Le cédant | Gratuit chez la plupart des cabinets de PME, facturé par certains conseils patrimoniaux. |
| Frais d'entrée (retainer initial) | Le cédant | À la signature du mandat. Acquis au cabinet même si la vente échoue. |
| Abonnement mensuel | Le cédant | Tous les mois tant que le mandat court. Surtout chez les plateformes et certains réseaux. |
| Jalon à la lettre d'intention | Le cédant | À la signature de la LOI, avant les audits. Non remboursable si le deal capote. |
| Commission de succès | Le cédant (parfois partagée) | Au closing, sur encaissement effectif du prix. La ligne principale. |
| Audits d'acquisition | L'acquéreur | Pendant la due diligence. Parfois inclus dans son forfait, parfois refacturés au réel. |
| Frais juridiques de rédaction | Chaque partie pour son conseil | À la rédaction du protocole et de la garantie d'actif et de passif. |
| Débours | Le cédant | Déplacements, visites de site, frais de dossier. À plafonner dans le mandat. |
3. Frais d'entrée et jalon LOI : ce qu'ils financent, ce qu'ils vous coûtent
Les frais d'entrée financent le travail antérieur à tout contact avec un acquéreur : audit de cessibilité, retraitements de comptes, teaser anonyme, mémorandum d'information, liste de cibles. L'argument du cabinet est légitime : sans acompte, il finance seul une prospection qui peut ne rien donner.
Le jalon versé à la signature de la lettre d'intention récompense, lui, une étape franchie : un acquéreur a formalisé une offre, et le dossier bascule en audit et négociation juridique.
C'est la raison pour laquelle nous avons construit notre grille d'honoraires sans frais d'entrée ni frais mensuels : le cabinet porte le risque de l'échec plutôt que le cédant.
4. Le barème dégressif : comment il se calcule réellement
Le barème fonctionne par tranches successives, comme l'impôt sur le revenu : chaque tranche de prix reçoit son propre taux, et non le taux de la tranche la plus haute sur la totalité. L'erreur classique consiste à multiplier le taux d'une seule tranche par le prix total.
Retenez la mécanique plus que les chiffres : demandez au cabinet d'écrire les bornes de tranches et de faire tourner le calcul sur deux hypothèses de prix, dont une pessimiste. C'est là que le minimum forfaitaire apparaît.
5. L'assiette de calcul : le vrai levier de prix, jamais le taux
Voici le point le plus coûteux du sujet, et le moins discuté. « Un pourcentage du prix » ne veut rien dire tant que le mot « prix » n'est pas défini contractuellement. Quatre définitions circulent.
| Assiette retenue | Ce qu'elle recouvre | Effet pour le cédant |
|---|---|---|
| Prix des titres | Le montant effectivement encaissé par les actionnaires au closing. | La plus protectrice : vous payez sur ce que vous touchez. |
| Valeur d'entreprise | Prix des titres augmenté de la dette financière nette reprise. | Vous payez sur une dette que vous n'encaissez pas. |
| Actif transféré | Fonds de commerce, matériel, stocks, parfois immobilier d'exploitation. | Assiette gonflée par des éléments non liquides. |
| Montant global de l'opération | Prix, remboursement de compte courant, immobilier cédé en parallèle, earn-out à son plafond. | La plus large : elle inclut des sommes hypothétiques. |
Trois clauses à exiger : assiette limitée au prix des titres encaissé, exclusion explicite de la dette reprise et du compte courant, commission sur l'earn-out due au fil des versements réellement perçus. Sur ce dernier point, voir notre article sur la sécurisation d'un earn-out.
6. Le minimum de commission : ce qui segmente le marché par taille
Tout barème dégressif s'accompagne d'un plancher exprimé en valeur absolue. En dessous d'un certain prix de cession, ce plancher cesse d'être un garde-fou pour devenir l'intégralité de la note : le pourcentage ne s'applique plus du tout. Rapporté au prix, le cédant d'une petite structure paie donc bien plus cher.
Ce n'est pas une anomalie : le travail n'est pas proportionnel au prix. Recherche d'acquéreurs, mémorandum, audits, négociation forment un socle de temps incompressible, que l'entreprise vaille peu ou beaucoup. Le minimum est le prix de ce socle.
C'est aussi ce qui trie le marché par taille de dossier : un cabinet dont le plancher est élevé n'est pas calibré pour votre opération. Le lui demander dès le premier rendez-vous fait gagner du temps aux deux parties. Les autres critères de sélection sont détaillés dans notre guide sur le choix d'un cabinet de cession.
7. Qui paie le conseil, et pourquoi cela vous concerne
Deux modèles coexistent. Dans le mandat simple côté vendeur, le cabinet est mandaté par le cédant, rémunéré par lui, et ne doit de loyauté qu'à lui. Dans l'intermédiation, le même intervenant met en relation les deux parties et perçoit une rémunération des deux côtés.
Le second modèle n'est pas illégitime, mais il crée une asymétrie qu'il faut nommer. Un cédant vend une fois dans sa vie ; un acquéreur structuré, fonds ou groupe en croissance externe, achète plusieurs fois et représente un flux d'affaires récurrent. Quand un arbitrage se présente en fin de négociation, la relation qui pèse le plus lourd n'est pas nécessairement la vôtre.
- Exigez la transparence. Faites écrire dans le mandat si le cabinet perçoit une rémunération de l'acquéreur, et à quel titre.
- Distinguez conseil et mise en relation. Une plateforme rémunérée des deux côtés ne rend pas le même service qu'un conseil qui négocie pour vous.
- Regardez l'exclusivité. Un mandat exclusif long assorti de frais d'entrée immobilise votre dossier. Voir mandat exclusif ou mandat simple.
8. Pourquoi le conseil M&A coûte cher
La commission finance trois postes que le dirigeant ne voit jamais. D'abord des profils rares : une opération mobilise ensemble des compétences financières, juridiques, fiscales et sectorielles. Ensuite la recherche de contrepartie : identifier, qualifier et approcher des dizaines d'acquéreurs pour en obtenir quelques-uns réellement intéressés est l'essentiel du travail invisible d'un mandat. Enfin le taux d'échec, les dossiers aboutis finançant ceux qui ne se concluent jamais.
Le bon repère n'est donc pas le montant absolu de la commission, mais l'écart de prix et de sécurité juridique obtenu face à un acquéreur qui, lui, est presque toujours assisté. Sur la répartition des rôles entre conseil M&A, expert-comptable et avocat, notre article qui doit vraiment vous accompagner fait le tri.
9. Payer moins, sans payer moins bien
- Mettez plusieurs cabinets en concurrence. Deux ou trois propositions écrites suffisent à faire apparaître les écarts d'assiette et de minimum.
- Comparez en coût total simulé, pas en taux. Demandez le montant total dû dans un scénario de prix donné, frais d'entrée et jalons compris : c'est le seul chiffre comparable.
- Méfiez-vous du « sans frais d'entrée ». L'accroche se récupère souvent dans un taux de succès plus élevé ou une assiette plus large : l'avantage n'est réel que si le coût total baisse.
- Négociez ce qui se négocie. Le taux bouge peu. L'assiette, le plafond des débours, la durée du mandat, la clause de survie après échéance et l'imputation des frais d'entrée sur la commission finale se négocient réellement.
- Regardez les dispositifs d'accompagnement. Chambres de commerce, chambres de métiers et opérateurs publics proposent des diagnostics de transmission, et le prêt transmission de Bpifrance existe côté repreneur. Le tour des interlocuteurs qui reçoivent sans facturer est détaillé dans notre article sur la consultation gratuite en transmission.
Avant de solliciter des propositions, mieux vaut connaître l'ordre de grandeur de la valeur de votre société : c'est lui qui indique quel segment de cabinets vous concerne. Notre évaluation d'entreprise donne ce repère en amont de toute discussion sur les honoraires.
10. Traitement comptable et fiscal, et les questions qui reviennent
Les honoraires supportés par une personne physique viennent, au régime en vigueur, en diminution du prix retenu pour le calcul de la plus-value, à condition d'être justifiés et directement liés à l'opération. Lorsque les titres sont détenus par une holding soumise à l'impôt sur les sociétés, le traitement diffère selon le régime applicable à la plus-value.
- Les honoraires sont-ils négociables ? Le taux bouge peu, mais l'assiette, les frais d'entrée et les débours se discutent : c'est là que se joue l'écart.
- Que se passe-t-il si je ne vends pas ? Au succès pur, rien n'est dû. Avec des frais d'entrée ou un jalon LOI, les sommes versées restent acquises, sauf clause d'imputation prévue au mandat.
- Qui paie les audits ? L'acquéreur. Vérifiez toutefois si votre cabinet refacture des travaux préparatoires, et si les débours sont plafonnés.
- La commission porte-t-elle sur l'earn-out ? Souvent oui. Faites préciser qu'elle est due au fil des versements encaissés, jamais sur le plafond théorique dès le closing.
Un dernier réflexe avant de signer : relisez le mandat en cherchant les trois mots qui coûtent cher, « assiette », « minimum » et « survie ». Si l'un des trois n'est pas défini précisément, la grille n'est pas lisible, et une grille illisible finit toujours par se lire en votre défaveur au closing. Le traitement fiscal évoqué ici dépend de votre situation et doit être validé avec votre conseil habituel.
Vous comparez des propositions ?
Faites-vous remettre le barème avant de signer.
Naviia présente sa grille d'honoraires par écrit avant tout mandat, sans frais d'entrée ni frais mensuels, et sans exclusivité. Nos équipes peuvent également vous aider à lire et à comparer les propositions que vous avez reçues d'autres cabinets.
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