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Dernière mise à jour le 29 août 2026

Jean-Nicolas Colomb

Par Jean-Nicolas Colomb, le 29 août 2026 · 11 min de lecture

Consultation gratuite en transmission d'entreprise : qui reçoit, et que couvre la gratuité ?

Presque tous les acteurs de la transmission proposent un premier rendez-vous sans frais. Encore faut-il savoir qui apporte quoi, ce que ce temps offert recouvre réellement, et à partir de quel moment le compteur des honoraires démarre.

Sommaire

L'essentiel

La consultation gratuite couvre presque toujours le premier échange et le cadrage du projet, rarement les travaux qui suivent : évaluation approfondie, montage fiscal, rédaction d'actes. Chaque interlocuteur reçoit avec ses propres intérêts, et aucun ne les annonce spontanément. Trois réflexes protègent le dirigeant : faire préciser par écrit le périmètre de ce qui est offert, exiger un engagement de confidentialité dès le premier rendez-vous, et rencontrer plusieurs interlocuteurs avant de signer quoi que ce soit.

1. Pourquoi consulter, et pourquoi bien avant de vendre

La plupart des dirigeants repoussent le premier rendez-vous, par crainte d'engager un processus qu'ils ne maîtrisent pas encore, ou simplement parce que rien ne presse. Le paradoxe est que les décisions les plus lourdes de conséquences se prennent justement dans cette période préalable : structure de détention des titres, arbitrage entre vente des parts et vente du fonds, durée d'accompagnement acceptable, moment où l'équipe sera informée.

Un premier échange sans frais permet de tester ces sujets à coût nul, plusieurs mois voire plusieurs années avant l'opération. Il sert à répondre à quatre questions élémentaires : mon entreprise est-elle cessible en l'état, quel ordre de grandeur de valeur peut-on en attendre, quel calendrier est réaliste, et qui pourrait l'acheter. Si vous n'avez encore rien formalisé, notre article par où commencer pour vendre son entreprise décrit les toutes premières étapes.

2. Qui reçoit gratuitement un dirigeant en France

Le paysage français est plus dense qu'il n'y paraît. Chaque famille d'interlocuteurs ouvre sa porte gratuitement, avec une compétence réelle sur une partie du sujet seulement, et un intérêt propre qu'il est sain d'identifier.

InterlocuteurCe qu'il apporteSa limite
Expert-comptableIl connaît vos chiffres mieux que personne et repère immédiatement les retraitements à prévoir.Rarement praticien de la cession : peu de dossiers par an, pas d'accès organisé aux acquéreurs.
Avocat d'affairesStructure juridique, garantie d'actif et de passif, sécurisation du protocole.Intervient utilement à partir de la négociation, moins sur la stratégie de vente et la recherche d'acquéreurs.
NotaireIndispensable dès que l'immobilier d'exploitation, un régime matrimonial ou une donation entrent en jeu.Sa lecture est patrimoniale et familiale, pas commerciale.
BanquierVision du financement, parfois mise en relation avec des repreneurs de son portefeuille.Son métier reste de financer l'opération, pas de défendre votre prix.
Chambres consulaires (CCI, CMA)Information générale, ateliers, orientation vers les dispositifs publics et régionaux.Accompagnement standardisé, parfois conditionné à une adhésion ou à un territoire.
Réseaux et plateformes de repriseBourses d'annonces, associations de repreneurs, dispositifs Bpifrance : utile pour comprendre la demande.Diffusion large, donc exposition à surveiller de près sur le plan de la confidentialité.
Cabinet ou boutique M&AConduite complète du processus : valorisation, ciblage, mise en concurrence, négociation.Sélectionne les dossiers qu'il prend en mandat, selon la taille et le secteur.
Entourage familial et pairs dirigeantsÉcoute, retour d'expérience concret sur le vécu d'une cession.Aucune objectivité méthodologique, et un fort risque de fuite d'information.

Aucun de ces acteurs ne couvre seul le sujet. Une cession mobilise en réalité une équipe dont les rôles se succèdent dans le temps : nous détaillons cette répartition dans qui doit vraiment vous accompagner pour vendre votre entreprise.

3. Ce qui est réellement gratuit, et où commence la facture

La gratuité recouvre presque toujours la même chose : le premier échange, un diagnostic sommaire de la situation et une orientation. Elle s'arrête dès qu'un travail structuré commence.

  • Généralement offert. Le rendez-vous de découverte, une lecture rapide des comptes, un avis oral sur la cessibilité et sur les acquéreurs plausibles, parfois une fourchette de valeur indicative.
  • Généralement facturé.L'évaluation approfondie avec rapport écrit, l'audit de cessibilité, la construction du dossier de présentation, les consultations fiscales et la rédaction des actes.
  • Les formes de rémunération à distinguer. L'honoraire de succès, dû uniquement si la vente aboutit ; l'honoraire d'engagement, versé au lancement des approches ; le retainer mensuel, qui court pendant la mission ; la facturation au temps passé, courante chez les avocats.
  • Une nuance de marché.Le succès intégral existe, mais le forfait d'engagement reste répandu chez les conseils français. Ce n'est pas en soi un mauvais signe : il finance un travail de préparation réel. L'important est de savoir ce qu'il couvre et s'il s'impute ou non sur l'honoraire final.

4. Préparer le rendez-vous pour qu'il serve à quelque chose

Un entretien gratuit mal préparé produit des généralités. Trois heures de préparation suffisent à le transformer en séance de travail utile.

  • Clarifier votre objectif réel.Sortir vite, sécuriser un patrimoine, protéger les salariés, transmettre à un cadre, ou trouver un partenaire pour faire grandir l'entreprise sans partir : ces intentions conduisent à des schémas radicalement différents.
  • Réunir trois exercices de compteset, si possible, une situation intermédiaire récente. C'est le socle minimal de toute discussion sérieuse sur la valeur.
  • Rédiger une note d'une page sur le positionnement, les forces, les fragilités connues (concentration client, dépendance à votre personne, matériel vieillissant) et les projets en cours. Les points faibles annoncés se négocient bien mieux que ceux découverts en audit.
  • Cartographier l'actionnariat et l'immobilier. Répartition des titres, présence d'une holding, murs détenus en société civile, engagements personnels et cautions.
  • Préparer la question de la confidentialité.Qui sait déjà que vous réfléchissez à transmettre, et qui ne doit surtout pas l'apprendre.

Si vous souhaitez arriver avec un ordre de grandeur déjà en tête, vous pouvez faire évaluer votre entreprise de manière confidentielle en amont, et lire ce qui construit la valeur d'une PME avant une cession.

5. La confidentialité se pose dès la première minute

C'est le point le plus souvent négligé lors d'un rendez-vous présenté comme informel. Une rumeur de vente qui circule chez les salariés, les clients ou les concurrents peut coûter bien plus que n'importe quel honoraire : départs, contrats gelés, décote au moment de la négociation.

  • Faites signer un engagement de confidentialité, même au stade du premier échange. Un professionnel refuse rarement, et le refus est en soi une information.
  • Demandez qui, dans la structure, aura accès à votre dossier, et si des informations sont versées dans une base ou une plateforme.
  • Distinguez ce que vous transmettez avant tout accord écrit (nature de l'activité, ordres de grandeur) de ce qui n'est partagé qu'ensuite (comptes détaillés, noms de clients, contrats).

Le fonctionnement de ces engagements, leur durée et leurs limites sont détaillés dans notre article sur l'accord de confidentialité en cession.

6. Sept critères pour choisir son interlocuteur

  • Solidité comptable et fiscale.Sait-il retraiter un résultat, expliquer l'écart entre valeur d'entreprise et prix des titres, et anticiper le coût fiscal de la sortie ?
  • Expérience de dossiers comparables.Combien d'opérations conduites sur des entreprises de votre taille et de votre secteur, sur les trois dernières années ?
  • Capacité rédactionnelle.Un dossier de présentation clair et une lettre d'intention bien cadrée évitent des semaines de renégociation.
  • Modèle de rémunération lisible.Part de succès, part fixe, assiette de calcul, sort des sommes déjà versées si l'opération n'aboutit pas.
  • Maîtrise juridique du processus.Séquence des actes, garantie d'actif et de passif, articulation avec le conseil de l'acquéreur.
  • Carnet d'adresses sectoriel.Peut-il citer des familles d'acquéreurs plausibles pour votre activité, ou reste-t-il dans le général ?
  • Qualité du chargé de dossier. La personne rencontrée au premier rendez-vous sera-t-elle celle qui traitera votre dossier au quotidien ?

Ces critères se recoupent avec ceux que nous détaillons dans comment choisir un cabinet de cession, notamment sur les signaux d'alarme avant de signer un mandat.

7. Trois pièges de la consultation gratuite

  • Le nombre d'échanges inclus n'est jamais dit. Un premier rendez-vous offert peut se transformer, au troisième appel, en début de mission facturée. Faites préciser combien d'échanges et quelle durée entrent dans la gratuité.
  • L'absence d'engagement écrit de confidentialité.On confie souvent, dès la première heure, des informations qu'on ne donnerait à aucun concurrent. Sans document signé, aucune sanction n'est prévue.
  • Le rendez-vous unique.Rencontrer un seul interlocuteur revient à accepter sa méthode et sa lecture de la valeur sans point de comparaison. Deux ou trois entretiens suffisent à faire apparaître les écarts d'approche, et ils ne coûtent rien.

8. Les questions à poser selon votre position

Si vous êtes cédant.

  • Que dois-je préparer avant de lancer quoi que ce soit, et dans quel ordre ?
  • Quelles sont les étapes du processus, et combien de temps faut-il compter de manière réaliste jusqu'au closing ?
  • Comment identifiez-vous les acquéreurs, et lesquels seraient plausibles pour mon activité ?
  • Sur quelle méthode reposerait un ordre de grandeur de valeur, et quels éléments de mon dossier la feraient bouger ?
  • Comment les informations sensibles circulent-elles, et à quel moment mon nom est-il révélé ?
  • Quel serait le coût fiscal approximatif de l'opération selon le schéma retenu, et qui le chiffre précisément ?

Si vous êtes repreneur.

  • Quel budget d'acquisition mon apport personnel permet-il d'envisager, une fois le financement bancaire pris en compte ?
  • Quels dispositifs de financement et de garantie sont mobilisables, notamment le prêt transmission de Bpifrance au régime en vigueur ?
  • Quelle est la structure d'honoraires côté acquéreur, et qui paie quoi dans l'opération ?
  • Quels audits sont indispensables, et lesquels peuvent être allégés sur un dossier de cette taille ?

9. Ce que la gratuité ne dit pas

Les titres professionnels ne garantissent pas la spécialité. Tout avocat ne pratique pas la transmission, tout expert-comptable ne conduit pas de cession, tout notaire ne traite pas de cession de titres. La question à poser est simple : combien de dossiers de ce type par an ?

Le processus s'étale dans le temps.Entre la première réflexion et la signature, il s'écoule fréquemment plusieurs années, dont plusieurs mois de négociation active avec les mêmes interlocuteurs. Le courant doit passer humainement, sous peine de renoncer à mi-chemin.

La fiscalité mérite un rendez-vous dédié.Les dispositifs français sont puissants mais conditionnés : au régime en vigueur, le prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les plus-values de cession de titres, l'abattement fixe de 500 000 € pour le dirigeant partant à la retraite sous conditions, ou l'exonération partielle de 75 % de l'assiette taxable dans le cadre du pacte Dutreil, avec ses engagements collectif et individuel de deux et quatre ans. Ces régimes se préparent en amont, jamais la veille de la signature.

10. Du rendez-vous gratuit à la décision

La consultation gratuite n'est pas un produit d'appel à fuir : c'est le mode d'entrée normal du marché de la transmission, et le dirigeant a tout intérêt à en user largement. Sa valeur dépend entièrement de la manière dont il l'aborde : objectif clarifié, comptes sous le bras, périmètre de la gratuité écrit noir sur blanc, confidentialité couverte, et plusieurs avis confrontés avant de choisir.

Chez Naviia Transmission, ce premier échange est confidentiel et sans engagement. Nous y cadrons le projet du dirigeant, indiquons ce qui soutiendra ou fragilisera la valeur, situons un calendrier réaliste et nommons les familles d'acquéreurs susceptibles de se positionner, en nous appuyant sur notre base de sociétés et de repreneurs actifs. L'essentiel de notre rémunération intervient au succès de l'opération, ce qui aligne notre intérêt sur celui du cédant.

Les éléments fiscaux évoqués dans cet article le sont à titre d'information générale, au régime en vigueur, et doivent être validés avec votre conseil habituel au regard de votre situation personnelle.

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Vous réfléchissez à transmettre ?

Un premier échange, confidentiel et sans engagement.

Nos conseillers reçoivent les dirigeants très en amont de toute décision : cadrage du projet, ordre de grandeur de valeur, calendrier réaliste et acquéreurs plausibles. Sans mandat à signer et sans obligation de suite.

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