Sommaire
- 1. Surplus ou totalité : les deux régimes
- 2. Comment les tarifs sont fixés
- 3. Un tarif verrouillé 20 ans
- 4. Que se passe-t-il après 20 ans ?
- 5. Qui finance l'obligation d'achat ?
- 6. Installer en 2026, encore pertinent ?
- 7. Le marché secondaire des centrales
- 8. Qui achète dans ce secteur
- 9. Ce qui fait la valeur
- 10. Préparer sa cession
L'essentiel
La revente d'électricité photovoltaïque passe par l'obligation d'achat EDF OA : un contrat de 20 ans, en vente du surplus ou en vente en totalité, au tarif en vigueur à la demande de raccordement. Ce tarif est verrouillé à la signature et n'évolue plus, à la hausse comme à la baisse. La fin du contrat ne signifie pas la fin de la revente : autoconsommation, agrégateurs et vente de gré à gré prennent le relais. Ces revenus sécurisés font des centrales sous contrat des actifs très recherchés sur le marché secondaire.
1. Surplus ou totalité : les deux régimes de revente
En France, la revente d'électricité photovoltaïque s'appuie sur l'obligation d'achat : EDF OA (ou une entreprise locale de distribution) est tenue d'acheter l'électricité produite par les installations éligibles, à un tarif réglementé, dans le cadre d'un contrat de 20 ans. L'arrêté tarifaire dit « S21 » organise ce dispositif pour les installations sur bâtiment jusqu'à 500 kWc, avec des conditions qui varient par tranche de puissance : jusqu'à 9 kWc, de 9 à 100 kWc, puis de 100 à 500 kWc.
Deux régimes coexistent. La vente en surplus : le producteur consomme d'abord sa propre production et ne vend que l'excédent injecté sur le réseau. C'est la formule dominante chez les particuliers et les PME, encouragée par une prime à l'autoconsommation (au régime en vigueur). La vente en totalité : toute la production est injectée et vendue. C'est le profil de l'investisseur ou du professionnel qui a dimensionné son installation comme un actif de rendement, par exemple une toiture agricole ou logistique.
2. Comment les tarifs d'achat sont fixés
Les tarifs d'achat ne sont pas figés dans la loi : ils sont révisés chaque trimestre selon un mécanisme piloté par la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Le principe est dégressif : plus les demandes de raccordement affluent sur une période, plus le tarif du trimestre suivant baisse, ce qui autorégule le rythme de développement de la filière.
Chaque tranche de puissance a sa grille : les petites installations résidentielles bénéficient de tarifs unitaires plus élevés que les grandes toitures, dont l'économie repose sur le volume. La prime à l'autoconsommation, versée aux installations en vente de surplus, suit la même logique de révision trimestrielle. Pour connaître les valeurs applicables à votre trimestre de demande, il faut se référer aux publications officielles de la CRE ou au site photovoltaique.info, qui tient la grille à jour. Nous ne reproduisons volontairement pas de chiffres ici : ils seraient périmés au trimestre suivant.
3. Un tarif verrouillé 20 ans : pourquoi attendre ne rapporte rien
C'est le point le plus mal compris du mécanisme, et le plus important : le tarif applicable à votre installation est celui en vigueur à la date de votre demande complète de raccordement. Il est ensuite verrouillé pour toute la durée du contrat. Les baisses trimestrielles ultérieures ne vous concernent plus ; les hausses éventuelles non plus.
Faut-il alors se précipiter, ou au contraire attendre ? Ni l'un ni l'autre. Les tarifs d'achat ont fortement baissé depuis dix ans, mais le coût des installations a baissé en parallèle, et le rendement des panneaux a progressé. Résultat : le temps de retour sur investissement reste du même ordre quelle que soit l'année d'entrée. Attendre une nouvelle baisse du prix du matériel n'améliore pas l'équation, puisque le tarif d'achat aura reculé entre-temps.
4. Que se passe-t-il à la fin du contrat de 20 ans ?
Les premiers contrats d'obligation d'achat arrivent progressivement à échéance, et la question inquiète parfois à tort : la fin du contrat ne signifie pas la fin de la revente, encore moins l'arrêt de l'installation, dont la durée de vie technique dépasse largement 20 ans. Trois voies s'ouvrent au producteur.
- Basculer en autoconsommation maximale. L'électricité produite remplace des achats au prix du réseau : c'est souvent l'option la plus rentable, éventuellement complétée par une batterie.
- Vendre à un agrégateur ou de gré à gré. Des acteurs de marché achètent la production des installations sorties d'obligation d'achat, à des conditions négociées, parfois dans le cadre de contrats de long terme de type PPA.
- Vendre au prix de marché. La production peut être valorisée au prix spot, avec un revenu plus volatil mais sans engagement de durée.
Nos voisins ont déjà traversé cette transition. L'Allemagne a fait évoluer son système du tarif d'achat garanti vers la prime de marché : le producteur vend sur le marché et perçoit un complément. Le Royaume-Uni a fermé son dispositif de feed-in tariff aux nouveaux entrants en 2019, en le remplaçant par une obligation faite aux fournisseurs de racheter le surplus. La France dispose déjà de son équivalent : le complément de rémunération, attribué par appels d'offres de la CRE aux grandes installations, au-delà de 500 kWc.
5. Qui finance l'obligation d'achat ?
L'écart entre le tarif d'achat garanti et le prix de marché de l'électricité n'est pas absorbé par EDF : il est compensé au titre des charges de service public de l'énergie, historiquement financées par la CSPE prélevée sur les factures, aujourd'hui portées par le budget de l'État et la fiscalité de l'électricité. Autrement dit, le soutien au photovoltaïque est payé par la collectivité.
C'est ce qui éclaire la baisse tendancielle des tarifs sous un autre jour : elle n'est pas une mauvaise nouvelle pour la filière, mais le signe que le photovoltaïque approche de la compétitivité sans soutien. Moins de subvention par kilowattheure, c'est aussi une charge collective mieux maîtrisée et une filière plus résiliente aux changements de politique publique.
6. Installer et revendre en 2026 : encore pertinent ?
Oui, mais l'équation s'est déplacée. Avec un prix de l'électricité réseau durablement élevé, chaque kilowattheure autoconsommé vaut souvent plus qu'un kilowattheure vendu : l'autoconsommation est devenue le premier moteur de rentabilité, la revente du surplus un complément. Plusieurs facteurs jouent en faveur d'un projet aujourd'hui : un coût du matériel qui a fortement reculé, des panneaux plus performants à surface égale, des équipements plus sobres qui augmentent la part de surplus valorisable, et des batteries plus accessibles.
Côté aides, au régime en vigueur : prime à l'autoconsommation pour la vente en surplus, taux réduit de TVA sur certaines installations résidentielles, et dispositifs locaux selon les collectivités. Une condition transverse : faire appel à un installateur certifié RGE, exigé pour l'accès à la plupart des aides. Et une mise en garde qui vaut d'être répétée : le secteur attire un démarchage agressif, parfois frauduleux. Devis comparés, références vérifiables et refus de toute signature le jour même restent les meilleures protections. Les aspects fiscaux (imposition des revenus de revente, TVA) sont à valider avec votre conseil habituel.
7. Le marché secondaire : les centrales sous contrat se vendent
Le contrat d'obligation d'achat a créé, presque par accident, une classe d'actifs : des installations dont les revenus sont contractualisés sur 20 ans avec une contrepartie de premier rang. Il existe donc un marché secondaire actif où se vendent des centrales en exploitation, des portefeuilles de toitures et des sociétés de projet, dans des conditions souvent favorables au vendeur tant la demande d'actifs de rendement sécurisés excède l'offre. Nous avons détaillé ce processus dans notre guide sur la cession d'une centrale photovoltaïque au sol, qui examine le foncier, les autorisations et les garanties.
La transmission concerne aussi les entreprises du secteur : installateurs, développeurs, sociétés de maintenance. Comme dans l'ensemble du génie électrique, la démographie des dirigeants alimente le mouvement : beaucoup de fondateurs de la première vague photovoltaïque approchent de la retraite, et la consolidation du secteur, portée par les grands acteurs de l'infrastructure énergétique, leur offre une fenêtre de sortie favorable, à condition de préparer l'opération.
8. Qui achète dans ce secteur
- Les fonds d'infrastructure. Ils recherchent des actifs en exploitation à flux contractualisés : centrales sous obligation d'achat ou complément de rémunération, portefeuilles de toitures. Leur horizon long et leur coût du capital bas en font souvent les mieux-disants sur les actifs matures.
- Les énergéticiens et développeurs en croissance. Ils achètent des portefeuilles pour atteindre une taille critique, et des sociétés de développement pour leur pipeline de projets et leurs équipes.
- Les groupes de services énergétiques et d'installation électrique. Dans une logique de build-up, ils reprennent installateurs et mainteneurs pour leurs équipes qualifiées et leurs contrats récurrents, comme dans la transmission d'une entreprise d'électricité.
- Les family offices et investisseurs privés. Présents sur les actifs unitaires de taille intermédiaire, attirés par le profil obligataire des revenus sous contrat.
9. Ce qui fait la valeur d'un actif ou d'une société photovoltaïque
Qu'il s'agisse d'une centrale ou d'une entreprise du secteur, les acquéreurs analysent des facteurs très spécifiques au métier, bien au-delà des seuls comptes.
| Ce qui augmente la valeur | Ce qui la réduit |
|---|---|
| Durée résiduelle longue du contrat d'achat, tarif contracté documenté | Contrat proche de l'échéance sans stratégie de sortie (agrégateur, PPA) préparée |
| Foncier sécurisé : bail emphytéotique ou propriété, servitudes en règle | Bail précaire, promesses non réitérées, foncier familial non formalisé |
| Autorisations purgées de recours, conformité Consuel et raccordement en règle | Contentieux d'urbanisme, écarts entre l'installé et l'autorisé |
| Historique de production mesuré, disponibilité élevée, maintenance contractualisée | Productible théorique invérifiable, onduleurs vieillissants sans plan de renouvellement |
| Pour un installateur : certification RGE, équipes qualifiées, contrats de maintenance récurrents | Dépendance au dirigeant pour la technique et le commercial, activité 100 % pose sans récurrence |
| Sociétés de projet propres : comptabilité par actif, dette bancaire lisible | Flux mélangés avec d'autres activités, garanties croisées difficiles à dénouer |
10. Préparer sa cession : vigilance, déroulé et confidentialité
Les points de vigilance juridiques du secteur se concentrent sur la chaîne contractuelle : contrat d'achat cessible dans les formes prévues, foncier opposable, autorisations au bon nom, conformité des installations aux normes en vigueur, et selon les cas obligations de démantèlement provisionnées. Un dossier où ces éléments sont rassemblés et cohérents se vend mieux et plus vite : la première étape est de faire évaluer votre actif ou votre société sur des bases documentées.
Le déroulé suit ensuite les standards d'un processus M&A : teaser anonyme, accord de confidentialité avant toute transmission d'information, mise en concurrence organisée d'acquéreurs qualifiés, puis audits et négociation finale. La confidentialité compte doublement dans ce secteur où les contreparties (banques, bailleurs fonciers, donneurs d'ordres) ne doivent pas apprendre l'opération par la rumeur. C'est précisément le cadre de nos mandats de cession : un conseiller Naviia peut analyser votre situation, vos contrats d'achat et votre calendrier, et vous dire ce que le marché paierait aujourd'hui pour votre actif. Le premier échange est sans engagement.
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Nos équipes accompagnent les dirigeants et détenteurs d'actifs photovoltaïques : analyse des contrats d'achat, évaluation, identification d'acquéreurs qualifiés (fonds d'infrastructure, énergéticiens, consolidateurs) et conduite du processus en toute confidentialité.
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